La recherche scientifique occupe une place essentielle dans la protection de l’environnement. Cette importance a été mise en lumière lors de la cérémonie organisée par l’Association des Journalistes pour l’Environnement (AJE), qui a décerné des distinctions à deux figures de la recherche scientifique malagasy : Lily-Arison René de Roland, ornithologue, et Jonah Ratsimbazafy, primatologue.
Organisé le 19 février 2026 au Havoria Anosy, l’événement s’est déroulé sous le haut patronage du Premier ministre, Chef du Gouvernement de la Refondation de la République de Madagascar, Herintsalama Rajaonarivelo, et sous le parrainage du ministre de la Culture et de la Communication, Gascar Fenosoa, du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Michaël Manesimana, ainsi que du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Manda-Vy Ravonimanantsoa.

Selon le président de l’AJE, Njaka Andriantefiarinesy, cette initiative vise à promouvoir la reconnaissance et le soutien des scientifiques malgaches, tout en renforçant la collaboration entre chercheurs, journalistes, institutions publiques et partenaires au développement. Une démarche qui profite à la préservation des forêts et de la biodiversité.
Fondée en 2001, l’Association des Journalistes pour l’Environnement (AJE) s’engage à promouvoir l’information sur l’environnement, la science et le développement durable à Madagascar. Elle œuvre activement à mettre en valeur les acteurs qui ont contribué de manière significative à l’avancement des connaissances scientifiques et à la protection de l’environnement.

Une science engagée au service des écosystèmes

Depuis plus de 34 ans, le Pr Lily-Arison René de Roland consacre sa carrière à la conservation de la biodiversité. Il a participé à l’identification de quatre espèces d’oiseaux menacées d’extinction. Parmi ses réalisations les plus remarquables figure la redécouverte, en 1994, de l’Aigle serpentaire de Madagascar , qui n’avait pas été observé depuis 1936. Il a également contribué à retrouver le hibou rouge dans la région de Masoala, une espèce longtemps considérée comme éteinte.
Depuis 2004, il dirige à Madagascar le programme américain The Peregrine Fund, où il mène des actions de protection des rapaces dans quatre aires protégées. « Préserver les aigles, c’est protéger de vastes territoires et, par conséquent, l’ensemble des espèces qui y vivent ainsi que leurs habitats forestiers », a-t-il souligné.
Parmi ses autres distinctions scientifiques figure la découverte, en 2021, d’une nouvelle espèce d’araignée nommée Katableps lilyarisoni en hommage à son engagement en faveur de la conservation.
Son parcours a été salué à l’international par plusieurs distinctions, notamment le Disney Conservation Hero, le Trophée Conservation Leadership in Africa décerné par National Geographic et l’Indianapolis Prize 2025, l’une des plus prestigieuses récompenses mondiales en conservation animale.
Un acteur clé de la protection des lémuriens

De son côté, Jonah Ratsimbazafy s’est imposé comme une référence dans la protection des lémuriens, dont 112 espèces sont endémiques à Madagascar. Il a notamment contribué à la découverte de l’un des plus petits primates au monde, le microcèbe nommé en son honneur Microcebus jonahi, ou « Tsitsidin’i Jonah », récemment identifié dans la région de Mananara Avaratra.
En tant que président du Groupe d’Étude et de Recherche sur les Primates (GERP), il contribue à la gestion des aires protégées, dont celle de Maromizaha, qui est restée sans aucune pression (zéro feu) pendant huit années consécutives, grâce notamment à son leadership au sein de l’association VOI Maromizaha.
Premier Africain à présider l’International Primatological Society (2021–2025), il est également membre de l’African Academy of Sciences et de The World Academy of Sciences. Parmi ses distinctions figure le Lifetime Award attribué par l’Association for Tropical Biology and Conservation et l’African Primatological Society.
En reconnaissance de ses travaux, son portrait a été édité sur un timbre postal Malagasy – un honneur habituellement réservé aux personnalités décédées depuis au moins 25 ans.
Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a rappelé que la protection de la biodiversité et des forêts s’inscrit dans la politique générale de l’État (PGE) et dans la vision présidentielle, constituant un levier essentiel pour le développement durable et l’amélioration des conditions de vie des populations vivant autour des aires protégées.
À travers cette reconnaissance, l’Association des Journalistes pour l’Environnement met en évidence une réalité incontestable : les chercheurs malgaches sont aujourd’hui des acteurs centraux dans la sauvegarde de l’environnement et la construction de l’avenir du pays.
Lynda A.






































































