Le gouvernement japonais a accordé une aide alimentaire d’urgence de 300 millions de yens japonais, soit environ 2 millions de dollars américains (près de 9 milliards d’ariary), afin de répondre aux besoins pressants des populations vulnérables du Grand Sud et du Sud-Est de Madagascar, durement touchées par les aléas climatiques et les crises récurrentes.
Ce financement permettra au Programme alimentaire mondial (PAM) d’acheter 1 150 tonnes de riz et 173 tonnes de haricots auprès de fournisseurs locaux et internationaux. Ces denrées seront distribuées à 48 000 personnes vulnérables, garantissant ainsi leur accès à une alimentation nutritive en période de crise.
« Cette contribution est une étape essentielle pour répondre aux besoins alimentaires urgents tout en renforçant notre engagement à long terme à Madagascar. En investissant dans les achats locaux et en veillant au respect rigoureux des normes de sécurité alimentaire, nous ne fournissons pas seulement une assistance vitale mais soutenons également les marchés locaux, renforçons les chaînes d’approvisionnement et contribuons à bâtir un avenir plus résilient pour les communautés à travers le pays », a déclaré Tania Goossens, Représentante et Directrice pays du PAM à Madagascar, lors de la cérémonie de remise de don, ce jeudi 28 août 2025, au siège du PAM à Alarobia – Antananarivo.
Aléas climatiques intensifiés et leurs impacts sur la sécurité alimentaire
Madagascar fait face à une intensification des aléas climatiques. « Hélas, les chiffres qui décrivent notre réalité sont éloquents et douloureux : soixante et un systèmes cycloniques depuis 2014, plus de 800 victimes, 2,4 millions de personnes affectées. La saison 2024-2025, avec ses douze systèmes et cinq impacts directs, a confirmé cette tendance cruelle, emportant 57 vies et affectant près de 277 000 de nos compatriotes. À cette furie des éléments s’ajoute une menace tellurique croissante, comme nous l’a rappelé le séisme du 7 août dernier », a rappelé ABRAHAM Rajafetra Setraniaina, Secrétaire Général du ministère de l’Intérieur.
Il a souligné que cette convergence de crises génère une détresse humanitaire aiguë : 1,2 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dont près de 558 000 enfants en état de malnutrition. Le Grand Sud et le Sud-Est, éprouvés par les sécheresses, cyclones et invasions acridiennes, comptent près de 3 millions de personnes dans le besoin.
« Cette année, nous avons été témoins de plusieurs phénomènes extrêmes : tempêtes cycloniques, urgences humanitaires dans plusieurs régions et invasions acridiennes. Ces événements ont aggravé l’insécurité alimentaire, touchant particulièrement les populations les plus vulnérables », affirme Tania Goossens.
Une aide bienvenue dans un contexte de financement difficile
Cette contribution japonaise arrive à un moment critique, alors que le PAM à Madagascar fait face à une baisse significative des financements dédiés aux interventions d’urgence, y compris les activités de préparation. La situation du pays, déjà marquée par l’insécurité alimentaire et les chocs climatiques, est aggravée par une grave contrainte budgétaire.
« Le Japon continuera à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement de Madagascar, les organisations internationales et les communautés locales pour bâtir une société résiliente face aux catastrophes. Du 20 au 22 août, le Japon a accueilli à Yokohama la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9). À cette occasion, les chefs d’État africains et les partenaires internationaux ont réaffirmé l’importance d’un développement inclusif et résilient, axé sur la sécurité alimentaire, la nutrition et le renforcement des capacités de réponse au changement climatique. », a déclaré S.E.M. Koji ABE, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon auprès de la République de Madagascar et de l’Union des Comores.
Il a indiqué que l’assistance humanitaire en faveur des personnes vulnérables dans le Sud et le Sud-Est de Madagascar traduit en actions concrètes les engagements de la TICAD9.
Lynda A.