SCIENCE ET CONSERVATION : En quoi le 30ᵉ congrès de la Société internationale de primatologie constitue-t-il une opportunité pour Madagascar ?

« Les lémuriens contribuent à la dispersion des graines, aidant ainsi à la régénération des forêts. Certaines espèces d’arbres ont besoin de passer par leur système digestif pour que leurs graines germent rapidement. Les arbres que nous plantons cette année vont-ils réellement survivre ? Peut-être qu’ils germeront un peu, puis mourront, alors que ces lémuriens, eux, le font gratuitement depuis 50 millions d’années », a déclaré le professeur Jonah Ratsimbazafy, primatologue malgache, lors de l’ouverture du 30ᵉ congrès de la Société internationale de primatologie (IPS), ce lundi 21 juillet 2025, à Antananarivo.

Du 21 au 25 juillet 2025, ce rendez-vous scientifique réunit plus de 600 primatologues, chercheurs, experts en conservation et représentants d’institutions internationales, venus de plus de 50 pays, afin d’échanger sur les avancées récentes dans l’étude et la protection des primates [Ndlr : Les primates sont un ordre de mammifères qui comprend différents animaux tels que les singes, les lémuriens].

« Organiser le congrès de l’IPS à Madagascar est une immense fierté et une reconnaissance du rôle clé que joue notre pays dans la conservation des primates. C’est aussi une opportunité de partager nos connaissances et de renforcer les synergies avec la communauté scientifique internationale », affirme le professeur Jonah Ratsimbazafy, président de l’IPS.

Madagascar abrite 20 % des primates endémiques de la planète, avec plus de 110 espèces de lémuriens, toutes uniquement présentes sur l’île. La destruction de leur habitat constitue la principale menace pesant sur ces animaux, selon ses explications.

Ce spécialiste malgache reconnu en primatologie souligne que ce congrès constitue une occasion importante pour les chercheurs malgaches : non seulement de partager les résultats de leurs travaux avec la communauté scientifique internationale, mais aussi d’échanger avec leurs pairs et d’établir de futures collaborations.

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Max Fontaine, met en avant le rôle essentiel des chercheurs dans la préservation de la biodiversité. Il rappelle que la tenue de ce congrès international à Madagascar représente un signal fort en faveur du développement de la recherche scientifique ainsi que de la protection des espèces endémiques.

Lynda A.