À 25 km d’Antsirabe, la cimenterie d’Ibity souffle ses 40 bougies en plaçant l’environnement au cœur de ses priorités. À cette occasion, cette usine d’Alpha Ciment met en lumière ses efforts pour réduire ses émissions de CO₂, un enjeu clé pour le secteur industriel. « L’un des investissements importants de ces dernières années a été l’installation d’un filtre spécial, capable de capter à la fois les émissions de gaz et de poussières », explique Vincent Blanchet, directeur général, lors d’une conférence de presse organisée le 18 juin 2025. Ce système contribue à limiter les rejets de particules dans la nature et à traiter certains gaz nocifs. « Sachant que la capacité de production de ciment reste relativement faible, les émissions le sont également », a-t-il indiqué.
« L’usine d’Ibity est la seule à Madagascar et dans l’océan Indien à produire du ciment, de l’extraction des matières premières jusqu’à l’emballage », souligne Andry Andriamanantena, directeur de l’usine. Elle s’étend sur 60 hectares, répartis entre une carrière de cipolin occupant 50 hectares – une roche indispensable à la fabrication du ciment – et 10 hectares dédiés aux infrastructures industrielles. Elle utilise également d’autres ressources locales, comme la pouzzolane d’Andranomanelatra et l’argile extraite à Tritriva.
La cimenterie d’Ibity produit principalement les ciments Lafatra et Lova. Depuis sa création, sa capacité annuelle a triplé, passant de 60 000 à 180 000 tonnes. Elle emploie aujourd’hui 115 salariés directs et fait appel à près de 250 sous-traitants, sans oublier les nombreux emplois indirects générés dans les secteurs du transport et de la logistique.
Gestion rigoureuse de l’environnement et développement local
Dès sa construction, une étude d’impact environnemental (EIE) a été menée. L’entreprise a intégré un plan de réhabilitation de la carrière à son plan minier annuel. « Bien que l’exploitation soit encore en cours, des actions de restauration progressive du site sont déjà engagées », précise Lanja Rakotoarison, coordinatrice hygiène, sécurité, environnement (HSE).
Par ailleurs, des contrôles réguliers sont menés sur la qualité de l’air, tandis qu’un système en circuit fermé permet de recycler l’eau dans certaines zones, sans rejet dans la nature. Pour limiter les nuisances sonores, l’usine a également renforcé l’isolation et procède à des contrôles annuels pour protéger ses employés et les riverains.
En 2024, Alpha Ciment a aussi participé à un projet de reboisement, en partenariat avec la région de Vakinankaratra, à travers la création d’une pépinière locale ayant permis de produire 60 000 jeunes plants d’arbres fruitiers et endémiques.
Avec trois sites de production – à Ibity, Tamatave (300 000 tonnes) et Tanjombato (150 000 tonnes) – Alpha Ciment détient aujourd’hui près de 45 % du marché malgache, sur une production nationale estimée à 1,2 million de tonnes en 2024.
Cette année marque également un cap symbolique : les 75 ans du groupe, fondé en 1950 sous le nom de Macoma. Elle a ensuite opéré sous différentes appellations, notamment Holcim et Cementis, avant de devenir Alpha Ciment.
Lynda A.